La photographie est apparue au milieu du XIX° siècle à la faveur d’une profonde crise de la vérité, une perte de crédibilité, qui a frappé les modes de représentations en vigueur, aussi bien dans le texte que le dessin, trop dépendants de l’habilité manuelle et de la subjectivité humaines. Avec la photographie, l’empreinte et la machine sont venues renouveller la croyance dans l’imitation et la représentation. Depuis quelques décennies, la dévaluation du document photographique et la réévaluation de l’expression interviennent dans le cadre d’une nouvelle crise de la vérité, différente mais suffisament forte pour remettre radicalement en cause le rôle de la photographie.
André Rouillé, La Photographie, Entre document et art contemporain.